Les Carnets du Ciel - George    Nicolas    Jean


LES RENCONTRES



Première Rencontre


George



          Ma première rencontre  avec un « pilote » de l’au-delà, se fit avec George. Elle fût tout à fait surprenante. Déjà par le lieu et aussi par la durée.

Mais commençons par le commencement.

Mon mari est un enfant de la DASS. Abandonné à l’âge de deux mois, il sera adopté vers trois ans. Il n’a donc aucun souvenir de ses parents naturels et, comme pour beaucoup de personnes dans ce cas, il y a un manque qui ne sera jamais comblé.  Un jour de juin  2008, il me demande si je ne pourrais pas utiliser ma capacité à communiquer avec  un autre plan pour solliciter un contact avec son vrai père. J’adresse une demande mentale vers le plan invisible. Il n’y a pas de réponse immédiate, il faut donc patienter. Quelques jours se passent. Je me rends au centre ville car je dois aller à la banque. Devant la porte de l’établissement, une forte impulsion me pousse à aller au rayon livre de la grande librairie locale. L’impulsion insiste, mais l’esprit logique tente de la combattre.

     -     Non, je n’ai pas le temps. Pas aujourd’hui.

Mais l’envie se fait impérieuse et je cède. Me voilà dans notre rayon favori et je laisse ma main courir le long des étagères, sans accrocher les titres du regard. Puis,  je  saisis un livre sans que j’aie l’impression d’avoir décidé ou commandé le geste. J’entends alors nettement une voix masculine me dire :

     -     Prends-le ! Il est pour Richard de la part d’Edmond.

Découvrant le titre, il s’avère concerner le domaine de prédilection de mon mari. Je ne connais pas d’Edmond et suis fort surprise que quelqu’un me tienne ces propos. J’ai toutefois le sentiment d’une présence à ma gauche me frôlant l’épaule. Je me tourne et  découvre qu’il n’y a personne, ou plutôt, qu’il y a une condensation lumineuse délimitant  vaguement une silhouette plus grande que moi. Le magasin est très éclairé et cependant la condensation est bien visible.

     -     Qui  est Edmond et qui êtes vous ?

     -     Edmond  est le père de Richard. Il a bien demandé un contact ? Edmond souhaite que tu lui donnes ce livre de sa part. Quant à moi je suis George … un messager.

Un dialogue très net va s’établir avec « George » durant plus d’une demi-heure. L’ennui, c’est que je ne me suis pas rendue compte que, sous l’effet de la surprise, je m’adresse à lui à voix haute. A quelques mètres de nous, un monsieur est installé à une petite table entourée de quatre fauteuils d’osier que le magasin, je suppose, a installés pour le confort de ses clients. Me dirigeant vers la caisse, je croise ce monsieur qui se lève et me dit :

     -     Ça ne va pas Madame ? Vous voulez vous asseoir quelques instants ?

Mon Dieu ! je dois donner l’impression d’être perturbée. Je suis très gênée et dans ma tête résonne le rire juvénile de « George ». Lui ne semble pas le moins du monde affecté et il continue à se présenter :

     -     Je me nommais George Lloyd  Sp…er (là, je ne saisis pas bien le nom). J’étais navigateur  dans la R.A.F pendant la deuxième guerre mondiale. Notre avion a été abattu  au-dessus de l’Allemagne début 1944. Je n’ai pas de tombe, juste une dalle en Allemagne.

Son débit est rapide et je me concentre pour mémoriser tout ce qu’il dit. Il parle de « Lancaster »  Me fait voir en esprit  une photo de lui en uniforme, la disposition de l’équipage dans la carlingue. Je vois des batteries anti-aériennes qui tirent. L’avion est touché au niveau du côté droit. La porte a volé en éclat. George n’est pas touché mais plusieurs camarades le sont. Il y a du sang, un bruit terrible. Puis je perçois, des avions légers qui arrivent par l’arrière. George dit :

     -     Des Messerschmitt ont pris le relais et nous ont mitraillés. Nous nous sommes écrasés. Nous étions sept à bord.

Je suis stupéfaite par le nombre de détails qu’il me donne.

     -     Pourquoi me dîtes-vous tout cela ?

Il va alors me transmettre un avertissement pour une personne qui fait partie d’un groupe de passionnés de la deuxième guerre mondiale auquel appartient mon frère. Ils se réunissent régulièrement sur Internet pour des simulations de combats par avion.  Je ne les connais pas, mais il me demande de manière pressante de transmettre cet avertissement par le biais de mon frère. Je le ferai  et, quelques semaines plus tard, nous aurons la confirmation de l’exactitude de l’intervention du « messager ».

Il  poursuit en évoquant les pilotes qui ont sacrifié leurs vies durant cette période et, parle de l’état actuel de notre monde, son manque de tolérance, de partage, de charité, sa violence, il ajoute :

     -     Nous ne sommes pas morts pour qu’il arrive cela ! Tu dois le dire, en parler, avertir.

Comme je m’étonne de la netteté de ce contact, il m’explique que nos mondes respectifs ne sont pas séparés. Ils s’interpénètrent. Seule une différence de vibration, de longueur d’ondes, rend l’au-delà invisible à nos sens. Et, comme pour appuyer son propos, il me dit :

     -     Regarde !


Et là, à quelques pas de moi, parmi la foule de ce jour de marché, je vois une amie chère, qui me regarde en souriant. Elle est décédée d’un très douloureux cancer du foie quatre ans auparavant.

Elle disparaîtra à mes yeux en quelques secondes.

George s’est tu.   Je ne le perçois plus.

Profondément bouleversée par cette expérience. Je me rends compte que je ne peux pas authentifier tout ce qu’il m’a raconté. Ne connaissant pas grand-chose de l’époque de la seconde guerre mondiale. Ni des avions, ni des circonstances. Mais, comme il m’a demandé d’avertir quelqu’un par l’intermédiaire de mon frère, je m’empresse de rédiger un mail à ce dernier en lui relatant par le détail tout ce qui vient de se produire et en lui demandant si il peut faire une recherche. Je commets une erreur en mentionnant « Lancaster » comme une région d’Angleterre.  Mon frère est très féru  au sujet de la deuxième guerre mondiale et il connaît particulièrement bien tout ce qui concerne l’aviation de cette époque pour tous les pays impliqués dans le conflit. Sa réponse, seulement quelques heures plus tard va être stupéfiante. Voici le mail que je reçois en retour :



« Je l'ai trouvé, c'est George Lloyd Speyer Il a été effectivement porté disparu, le 21 janvier 1944 à bord d'un bombardier Britannique "Lancaster". Il était navigateur, âgé de 20 ans. L’équipage se composait de 7 hommes.  Ils volaient tous pour une opération de bombardement sur Magdebourg. Ils auraient apparemment été descendus après le décollage du terrain de Gransden. Il appartenait au 405 RCAF Squadron (Royal Canadian Air Force), il était donc Canadien. J'ai trouvé aussi où est le mémorial où figure cet homme. Il figure au BERLIN 1939-1945 WAR CEMETERY – sous référence 8. H. 27."




Flying Officer Lloyd George Speyer
né en 1923 à Toronto,
présumé mort le 21 janvier 1944 en Allemagne


Toutes ces informations correspondaient totalement à ce que George m’avait dit. J’en fus profondément émue et ne doutais pas de son identité, surtout après avoir vu sur internet un portrait de George représentant le même visage, le même sourire que celui qui m’avait été montré. Ce que j’ignorais par contre à ce moment c’est que l’Invisible me réservait d’autres contacts avec ceux que je nomme désormais « l’Escadrille des messagers du ciel ».







Deuxième Rencontre


Nicolas  



           Nous voici en 2010.

          Cette charmante dame m’avait été envoyée par une connaissance à moi qui pratiquait l’écriture automatique. Ce n’est pas une technique que j’utilise et j’éprouve une certaine méfiance vis-à-vis de cette méthode.  Elle demande, de la part de ceux qui souhaitent l’utiliser, une attitude de respect et d’élévation spirituelle sans lesquelles il y a danger.  Les énergies  deviennent souvent incontrôlables au bout d’un moment, comme parfois dans la pratique du spiritisme par le biais des tables tournantes, ou du oui-ja.


          Lorsque des personnes me sollicitent pour avoir un contact avec un disparu, je préviens toujours qu’un résultat positif ne peut pas être garanti. On ne convoque pas ceux qui ont franchi les portes de l’au-delà. On ne doit pas commander ou exiger des réponses à nos questions mais, au contraire, nous préparer avec respect et humilité à ce type de contact et élever nos vibrations jusqu’à ces plans beaucoup plus subtils où leur énergie continue d’exister.


          Le jour du rendez-vous, j’informais la dame en ce sens afin qu’elle ne soit pas déçue si notre tentative ne donnait pas les résultats escomptés. Elle me parla de la dernière séance d’écriture automatique au cours de laquelle elle avait été choquée par le ton et les termes du message transcrit par la médium et provenant, soi-disant, de son mari. Elle ne le reconnaissait pas du tout.


          Selon mon habitude, je lui demandais une photo de son époux et le silence pour pouvoir me concentrer. L’intensité de son chagrin me perturbait. Elle était littéralement anéantie par la perte de ce mari adoré. Je scrutais  le beau visage d’un vieil homme aux cheveux blancs, lorsque je perçus, sur l’écran de ma conscience, un superbe jeune homme en costume  de pilote avec blouson et casque de cuir, puis l’image très nette de la Russie avec ses églises aux  dômes colorés, enfin la Cour du Tsar avec de nombreux personnages parmi lesquels je reconnus le Tsar Nicolas II. Je dis alors :

-     Madame, votre mari descend d’un Grand Duc de Russie.

La dame semble surprise et acquiesce.

J’entends alors dans mon oreille une voix masculine dire :

-     Dîtes à mon brave petit soldat ...

Ma consultante sursaute, les larmes aux yeux.

-     C’est comme cela que mon mari m’appelait !


          Le contact s’était donc établi. J’en fus soulagée et contente pour cette si gentille dame que j’aurais été désolée de laisser repartir sans pouvoir lui apporter une consolation. Son mari était effectivement pilote d’avion.


          Elle me montra une photo où je reconnus le beau jeune homme de ma vision. C’était lui, Nicolas, dans la splendeur de sa jeunesse. En fait, ma consultante, ne l’avait pas connu sous cet aspect. Elle avait rencontré son mari alors qu’il avait largement entamé l’automne de sa vie. Et leur mariage suscita bien des remous.  C’était donc si difficile d’admettre que l’on puisse tomber amoureuse d’un homme de quarante ans plus âgé, vivre quelques 10 ans près de lui, en voyant cette affection non seulement se maintenir, mais se renforcer. Une grande complicité les unissait et lorsqu’un premier AVC frappa Nicolas, Roselyne s’occupa de lui avec un dévouement sans pareil. Elle s’opposa à le confier à un hôpital et s’entêta à lui prodiguer les soins qu’elle jugeait les mieux adaptés. Là aussi, il y eut incompréhension et réactions négatives et elle eut à faire face à des pressions qui auraient fait reculer des natures plus timorées qu’elle. Elle se démena comme un beau diable pour assurer à son Nicolas une vie riche et joyeuse malgré les séquelles de l’AVC. Il avait, depuis cet accident de santé, de grandes difficultés pour avaler, les mouvements de déglutitions lui étant devenus impossibles. Cela rendait la durée des repas interminable. Et la marche, difficile, amenait l’usage d’un fauteuil roulant. Mais Roselyne ne se plaignait pas de son sort. Elle acceptait tout pourvu qu’elle puisse être avec Nicolas. Il continuait de la fasciner par son attitude noble, son intelligence, sa galanterie,  ce puissant « charme slave » que les ans n’avaient pas atténués et le côté aventurier qu’elle devinait. Un matin, Nicolas fit un nouveau malaise. Elle tenta de l’aider mais l’époux bien-aimé s’en fût dignement, comme il avait vécu. Ouvrant, par son départ pour le véritable Royaume, la première vraie blessure qu’il infligeait à sa femme. Elle passa ses dernières nuits blottie contre le corps de son mari, espérant que ce n’était pas la réalité, qu’il allait se réveiller : il dormait.


          Commença alors cette terrible période où l’on se retrouve désemparé, inutile, vide. Se heurtant à chaque instant à un souvenir, un objet, une photo, un vêtement, une odeur, devenus comme autant de pointes acérées lacérant le cœur.


          Continuer, survivre, et accepter une nouvelle manière de vivre, sans la présence physique d’êtres chers. L’espoir de renouer un contact par-delà la mort est une motivation qui permet d’avancer encore. Mais quel bouleversement  heureux procure le fait de découvrir que la mort n’est en aucun cas la fin de la vie, mais plutôt le début d’une vraie vie et que nous avons la possibilité d’échanger avec ceux qui se trouvent désormais dans cet espace de conscience élargie.


           Combien j’ai vu de personnes entrer dans mon cabinet courbées, le visage grave, les larmes aux yeux en ressortir le sourire aux lèvres et le regard brillant d’espoir. A chaque fois, j’ai remercié avec ferveur l’invisible pour ce cadeau qui venait d’être donné.


          Mais la nature humaine est ainsi faite que nous avons tendance à demander encore plus, toujours plus et l’invisible sait nous poser des limites en ne répondant pas toujours présent à nos incessantes suppliques.  Nos chers bien-aimés peuvent se montrer sévères si cela nous est nécessaire mais je suis certaine qu’ils comprennent très bien l’impression de joie intense que nous procurent ces moments magiques du « contact ». Ils ont bien d’autres manières de nous faire percevoir leur présence. Souvent, hélas, le chagrin aveugle et empêche de comprendre le signe qui nous est adressé. Affiner son intuition peut se cultiver et la perception du subtil se développer. Il faut trouver  un équilibre entre les obligations qu’imposent la vie matérielle, la bonne conduite du quotidien et des instants consacrés au développement de notre conscience et à la recherche d’un dialogue avec l’espace intérieur.


          Un médium apprend à mettre en place ce rythme et chacun peut en faire autant. L’intuition se développe par la pratique, d’autant plus que l’on sera vigilant à maintenir cet équilibre.  Il est vraiment plein de bon sens  l’adage qui dit : « La tête dans le ciel mais les pieds sur la terre ». Cela implique la régulation des « séances ». Je ne peux pas dépasser un nombre réduit de consultations et je demande aux personnes de respecter des délais espacés entre deux séances.


          Souvent une seule suffit puisqu’un contact est établi. Dans d’autres cas, la nature du questionnement les besoins de la personne peuvent demander plus de travail. Ce fut le cas avec Roselyne en marquant  le départ d’une incroyable aventure que je vais essayer de transcrire pour vous.






à suivre ......





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